A)
Le
financement de l’exploitation
Les
activités de production de biens ou de services des P.M.E génère des besoins de
financement qui ne sont pas toujours couverts par les ressources qu’elles
détiennent. L’analyse du cycle d’exploitation de l’entreprise , de la
production à la commercialisation, et l’étude des décalages entre les flux
réels et monétaires permettent de souligner les postes consommateurs de fonds.
1-1
le
BFR, un indicateur du degré de dépendance
le
besoin en fonds de roulement (BFR) est l’indicateur utilisé en analyse
financière pour appréhender les besoins en ressources financières générés par l’exploitation
de l’entreprise. Il reflète en fait la position stratégique de la PME vis-à-vis de ses
partenaires. Il permet d’expliquer les conditions dans lesquelles se réalisent
l’équilibre financier et les éventuels problèmes de trésorerie, Ces analyses permettent
d’appréhender les risques que représentent les PME pour leurs partenaires.
Les
PME s’inscrit dans un ensemble de relations d’échange avec d’autres entreprise
dont la sous-traitance ne constitue qu’un cas particulier . sans forcément
relever de la dépendance qui caractérise les relations donneur
d’ordre/sous-traitants (et même si des pratiques de partenariat tendent à
améliorer la situation des PME), les relations clients / fournisseurs sont le
reflet des rapports de force qui s’établissent. Conditions de règlement et
délais de livraison entre autres exigences ne sont pas sans incidence sur le
financement de l’exploitation comme le souligne l’analyse du BFR.
1.1
Notion
de BFR
Le
BFR permet d’appréhender dans quelle mesure l’entreprise finance ses besoins
d’exploitation avec des ressources générées par son fonctionnement courant. Il
rapproche des besoins de court terme des ressources mises à la disposition de
l’entreprise pour une durée équivalente. L’analyse financière privilégie les
éléments cycliques liés à l’exploitation et s’intéresse plus spécifiquement à
trois types de poste : les stochs, les crédits accordés aux clients et les
dettes contractées auprès des fournisseurs et tiers divers.
Dans
le cadre de son fonctionnement , les PME comme toutes les autres entreprises
sont confrontées au financement de leurs stochs et des crédits clients.
L’importance de ces postes dépend des caractéristiques de l’activité et des
pratiques en usage dans le secteur mais elle est aussi la conséquence de la
politique commerciale et stratégique suivie par les entreprises pour se
positionner par rapport à la concurrence. Une partie de ces besoins est assurée
par les délais de règlement accordés par les créanciers, fournisseurs, Etat ou
organismes de ressources financières et ceux engendrant des besoins est
déficitaire ( BFR positif).
Ce
BFR joue un rôle déterminant pour les entreprises et particulièrement les PME
car, au-delà de la dépendance stratégique qu’il souligne, il peut induire des
problèmes graves de trésorerie. Dans les cas fréquents d’un BFR positif,
comment est-il financé ? La réponse sera trouvée dans l’analyse de
l’équilibre financier.
1.2
Le
BFR , résultat des rapports de force concurrentiels
Le
BFR apparaît comme un indicateur du degré de dépendance des PME vis-à-vis de
leurs clients et fournisseurs. Il est le reflet , du point de vue financier, de
la position concurrentielle qu’occupent les PME.
Alors
que beaucoup d’entreprises tendent à reporter sur leurs partenaires leurs
contraintes économiques (réduction de coûts) et leurs exigences de flexibilité
( réduction des stocks par exemple) , les PME sont souvent contraintes
d’accepter des délais de règlement plus longs et de raccourcir les délais de
livraison, ce qui implique des stocks plus importants. Par ailleurs, les PME
souffrant d’une image plus risquée et ne pouvant bénéficier d’un effet de
taille, ont certaines difficultés pour obtenir des conditions favorables de
leurs fournisseurs. Les caractéristique des PME et leur positionnement
concurrentiel plus délicat expliquent un BFR généralement élevé.
Cette
analyse mérite d’être affinée en tenant compte du positionnement stratégique
spécifique à chaque entreprise. Une PME située sur une niche peut alors
exploiter à son avantage une position concurrentielle favorable. Les grandes
entreprises ne cherchent pas forcément à exploiter la dépendance des PME mais à
améliorer la flexibilité d’un ensemble
productif. Dans ce cas. Les conditions commerciales peuvent être négociées de
façon à ne pas pénaliser la compétitivité des PME partenaires , maillon devenu
essentiel dans l’organisation de leur chaîne productive. En effet , le niveau
du BFR peut engendrer de graves problèmes de trésorerie et alors compromettre
la pérennité même de l’activité.
1.3
l’équilibre
financier des PME
le
BFR est une des trois composantes de l’équilibre financier de l’entreprise,
équilibre vérifié en permanence car établi à partir de l’égalité emplois /
ressources que retrace le bilan. Il ressort de l’étude de ce document de
synthèse que le FR est égal à la somme
du BFR et de la trésorerie.
L’intérêt
de l’analyse porte sur les conditions de
réalisation de cet équilibre. Deux éléments sont à prendre en
considération :
-
le niveau du
BFR ;
-
l’importance
relative du FR par rapport au BFr.
La
trésorerie apparaît comme une résultante :
Trésorerie
= FR-BFR
Dans
le cas de PME dont le BFR est positif, une première solution de financement des
besoins d’exploitation peut être trouvée dans les capitaux permanents non
utilisée pour finances les immobilisations.
Le
FR peut alors couvrir le BFR. Mais, dans la situation de Pme confrontées de
mobilisation de capitaux durables , le FR peut se révéler insuffisant pour
assurer le financement du BFr. Ce problème peut se trouves aggravé si
l’entreprise prend le risque de financer des
investissements avec des prêts à court terme.
Sans
commettre une telle erreur , des PME peuvent se trouver dans une situation tout
aussi délicate après une opération de développement pour laquelle elles ont
retenu une mode de financement cohérent, mais ont sous-estimé les répercussions
de l’augmentation du chiffre d’affaires. En conséquence, elles ont bien financé
l’investissement en immobilisations supplémentaires mais pas le supplément de
BFR qui en découle. Dans ce cas aussi , les PME peuvent se trouver dans une
situation ou le FR est inférieur au BFR.
Si le FR se révèle insuffisant pour couvrir les
besoins de financement générés par l’exploitation alors l’ajustement ne pourra
se faire que par le trésorerie qui deviendra négative. C’est ainsi que des PME
confrontées à une double insuffisance de fonds (capitaux permanents et
ressources de court terme) peuvent se trouver dans une situation de trésorerie
délicate. Elles peuvent alors faire
appel aux banques ; c’est la deuxième solution à envisager pour financer
un BFR positif.
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